jeudi 5 avril 2018

LE MATOUTOU (petite page d’histoire)


Après avoir sucé pattes et mordants de crabes dimanche et lundi derniers, il serait intéressant de se pencher sur l’origine du mot matoutou pour tenter de le lier à l’histoire. Disons-le tout de suite, c’est du syncrétisme amérindiano-africain. Les autochtones du pays Martinique (les Caraïbes) disposaient d’un tabouret rond d’environ un pied de haut, en roseau ou latanier, objet plutôt original comportant au sommet une espèce de plat (imperméable tellement il était finement tressé) qu’ils présentaient à leurs invités. Ils y mettaient invariablement soit de la cassave, ou plus généralement du crabe en sauce tomali. On mangeait directement dedans, ou alors il fallait transposer les mets dans un coui. Ce tabouret s’appelait un MATOTO.

De l’autre côté de l’Atlantique, en mère Afrique, Les Daomé notamment usaient d’une recette à base de crabes qui s’est vite imposée aux îles, L'ATUTU (pour plus de détail voir dans mon livre « Créole d’où viens-tu ? », (édition 2015), en étymologie). La coexistence de ces deux mots (matoto et atutu) et la relative proximité entre Caraïbes et esclaves africains fit le reste. Il s’ensuivit un nouveau vocable prenant un peu dans chacun des termes d’origine, en tenant compte bien sûr du fait que chez les autochtones il y eut un glissement du contenant vers le contenu (le matoto n’était plus seulement l’objet mais aussi le mets), et du côté africain, il n’y eut que l’adjonction d’un « m » en début de mot. Et voilà comment naissait un nouveau mot, et par-delà une recette qui se pérennisa de génération en génération pour arriver jusqu’à nous. Il ne vous reste plus qu’à attendre la Pentecôte, dans maintenant un peu moins de 50 jours, pour remettre la sauce. Bon jeudi à tous !

Josépha Luce

lundi 2 avril 2018

La surelle


A la découverte des fruits tropicaux, du moins ceux qui m'environnent, après le jujubier appelé aussi pomme surette, je vous présente la surelle, qui prend le nom en Martinique de surette cochon, on en fait des confitures. Les feuilles sont utilisées dans la pharmacopée locale. "- le jus des fruits et la décoction des feuilles sont utilisés pour lutter contre le diabète. - la décoction des feuilles sera utilisée pour lutter : contre la grippe en cas de rougeole pour le cholestérol. La surelle en feuille est un bon partenaire dans le cadre des régimes amincissants, surtout si vous l associez à l'orthosiphon."